Navette (nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

I.
XIII e siècle. Dérivé de nef , au sens de « navire ».
1. . Petit récipient en forme de navire, souvent en cuivre ou en argent, qui contient l'encens qu'on brûle dans les encensoirs.
2. Instrument de tisserand, de forme allongée, qui sert à porter et à faire courir transversalement les fils de la trame entre les fils de la chaîne tendus sur le métier. Faire aller, faire courir la . Une d'ivoire, de bois, d'écaille. Par ext. Pièce du mécanisme d'une machine à coudre, qui contient le fil enroulé sur une canette. Loc. Faire la , faire plusieurs allées et venues d'un endroit à un autre. Ses affaires l'obligent à faire la entre Lyon et Paris. Fig. Ce projet de loi a fait la entre l'Assemblée et le Sénat , a été renvoyé d'une assemblée à l'autre pour tenter de rapprocher leurs positions avant le vote définitif.
3. Par anal. Véhicule chargé d'effectuer des allers et retours réguliers entre deux lieux ; service de transport assurant une telle liaison. Prendre, emprunter la . Une relie la gare et l'aéroport. Navette spatiale , engin spatial qui peut assurer plusieurs voyages entre la Terre et un point de l'espace.
4. Type de taille des pierres précieuses. Un rubis taillé en , en un ovale étroit et allongé.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Plante de la famille des Crucifères, dont la graine donne une huile qui est bonne à brûler et qu'on emploie aussi à divers autres usages. "Huile de ."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Petit vase de cuivre, d'argent, etc., fait en forme de navire et où l'on met l'encens qu'on brûle à l'église dans les encensoirs.
NAVETTE désigne aussi un Instrument de tisserand, qui sert à porter et a faire courir le fil, la soie, la laine entre les fils de la chaîne.
"Faire courir la . Une d'ivoire, d'os, d'écaille."
NAVETTE se dit aussi d'une Pièce du mécanisme d'une machine à coudre qui contient le fil de dessous.
Fig. et fam., "Faire la ," Faire d'un endroit à un autre plusieurs allées et venues. "Ses affaires l'obligent à faire la entre Lyon et Paris." On le dit aussi des Choses, dans un sens analogue. "Les projets financiers font la entre la Chambre et le Sénat."



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Nom donné à la variété oléifère du chou navet, appelé vulgairement navet ; la graine fournit l'huile grasse connue sous le nom d'huile de . Légumes de toutes sortes, où sont compris pois, fèves, graines de lin, pois chiches, vesces, lentilles, chenevis, s, sené, mil ou millet, panis, piley, blé de Turquie et autres semblables grains et légumes.... Tarif, 18 sept. 1664. L'huile tirée de la , qui est une espèce de navet sauvage.... se nomme rabette ou huile de , Dict. des arts et mét. huilier. Comme le colza, la appartient à la famille des crucifères ; elle diffère par ses feuilles radicales d'un vert prononcé, rudes au toucher, et par ses siliques dressées contre les tiges.... on distingue trois sortes de s : la d'hiver (brassica napus oleifera, DC.) ; la d'été quarantaine (brassica praecox, DC.) ; la dauphinoise, ravette ou rabette (brassica rapa oleifera, DC.), GIRARDIN et DUBREUIL, Traité élémentaire d'agriculture, t. II, p. 407.

 2   Huile qu'on tire de la .

 3   Navette d'été, nom vulgaire du chou précoce, appelé aussi quarantaine

 4   Grosse , le colza.

REMARQUE
    Quoiqu'on dise huile de , la graine ne porte pas le nom de ; c'est ainsi qu'on appelle huile de lin l'huile tirée de la graine de lin, LEGOARANT.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
O. DE SERRES: « Plus grands sont les naveaux que les navets.... s'en voient de grands, de petits, de blancs, de noirs, de gris, de jaunes.... de la semence de toutes sortes de naveaux se tire de l'huile, mais plus facilement et plus abondamment d'une particuliere espece ditte navete que d'aucune autre. Le menage de ceste huile de navete est très profitable »

ÉTYMOLOGIE
    Navet ; Berry, nabette, nabin.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Terme d'église. Sorte de petit vase de métal qui est en forme de navire, où l'on conserve l'encens et d'où on le prend avec une petite cuiller pour le mettre dans l'encensoir. Les s seront marquées et contremarquées au corps et couvercle ; le carré du pied et la cuiller seront marqués du poinçon du maître, Règl. orfév. 30 déc. 1679.

 2   Nom de certains vases de table, dans les ménages du moyen âge. La destinée au service de l'Église conserva une forme hiératique ; mais la à sel, à épices, à encre, etc.
DE LABORDE: « se rapprochait minutieusement du véritable navire »

 3   Instrument où les tisserands mettent leur trame, pour la passer au travers de la chaîne, en faisant des étoffes de chanvre, de lin, de laine, de soie, de coton. Faire courir la .
VOLT.: « Thomas et Bonaventure ont des autels, et ceux qui ont inventé la charrue, la , le rabot et la scie sont inconnus »
DELILLE: « ... Ou d'une agile main Promener la errante sur le lin »
    Navettes volantes, s qui ont un mouvement continu et auxquelles l'ouvrier ne touche pas.
    Autrefois, la grande , l'industrie de ceux qui tissaient les grandes étoffes ; petites s, l'industrie des rubaniers. Défenses auxdits ouvriers [en draps d'or, etc.] de faire fabriquer aucuns rubans ou autres étoffes, de largeur au-dessous dudit tiers d'aune, même de tenir chez eux aucuns métiers des étoffes qui se travaillent à la petite .... défenses auxdits maîtres tisserands et rubaniers, de faire.... aucunes étoffes excédant ladite largeur, et de tenir.... aucuns métiers des étoffes de la grande , Arrêt du conseil d'État, 8 avril 1666.
    La langue lui va comme la d'un tisserand, se dit d'une personne qui parle beaucoup.
    Fig. et familièrement. Faire la , faire faire la , aller et venir, faire aller et venir.
SAINT-SIMON: « Tessé fit la avec la Feuillade en Dauphiné et en Savoie, pour le laisser en chef quelque part et y accoutumer le roi »
    Faire la , se dit des choses, en un sens analogue. Cette somme, envoyée de Paris à Lyon, a été renvoyée de Lyon à Paris ; elle a fait la .
J. J. ROUSS.: « Elle s'endettait, elle payait : l'argent faisait la et tout allait »
    Terme de jeu. Faire la , se dit au whist, quand, de deux partenaires, chacun coupe une couleur et joue alternativement celle que l'autre coupe de son côté.

 4   Il s'est dit autrefois de petits instruments d'or, de laque, d'écaille, dont les femmes élégantes se servaient pour faire des noeuds ou du filet.

 5   Terme de marine. Poulie allongée, dont le corps n'est pas entièrement estropié.
    Espèce de pirogue des Indes.

 6   Terme de plombier. Morceau de plomb en forme de . On l'appelle ordinairement saumon.

 7   Nom marchand de plusieurs coquilles.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
DE LABORDE: « Une de cristal, garnie d'argent, dorée et esmeillée, à faire saliere.... Une autre de cristal à mettre encens »
    XVIème siècle
RONS.: « Ces femmes ne sont point comme nos femmelettes, Qui font par le mestier promener les s, En ourdissant la toile.... »

ÉTYMOLOGIE
    Bas-latin, naveta, petite barque (provenç. naveta ; ital. navetta, petite barque), diminutif du latin navis, nef. La d'église est ainsi dite à cause de sa forme comparée à celle d'une barque ; et la du tisserand, à cause de sa forme comparée à celle de la d'église. C'est à tort que Chateaubriand dit que la d'église a été dénommée d'après la de tisserand : L'urne qui renfermait les parfums imitait la forme d'une , Génie, IV, I, 2.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. NAVETTE. Ajoutez :

 8   Nom, en Bretagne, d'une espèce d'échaudé faite de pâte de froment et en forme de .


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Espèce de navet sauvage dont la graine, nommée aussi "Navette," donne une huile qui est bonne à brûler et qu'on emploie aussi à d'autres usages. "Huile de ."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Petit vase de cuivre, d'argent, etc., fait en forme de navire, et où l'on met l'encens qu'on brûle à l'église dans les encensoirs.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Un instrument de tisserand, qui sert à porter et à faire courir le fil, la soie, la laine entre les fils de la chaîne. "Faire courir la . Les femmes se servaient autrefois de petites s d'or, de laque, d'écaille, pour faire des noeuds ou du filet."
Fig. et fam., "Faire la , faire faire la ," Faire beaucoup d'allées et de venues, en faire faire à d'autres. On le dit quelquefois Des choses, dans un sens analogue. "Cette somme, envoyée de Paris à Lyon, a été renvoyée de Lyon à Paris; elle a fait la ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Espèce de navet sauvage dont on donne la semence aux petits oiseaux, et dont on fait une huile à brûler. On donne aussi le nom de à la semence. "Huile de ".
On confond souvent cette semence avec celle du "Colza". Voyez Colza.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Certain petit vase de cuivre, d'argent, etc. fait en forme de petit navire, dans lequel on met l'encens qu'on brûle à l'Église dans les encensoirs.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Navette, signifie aussi, Un instrument de Tisserand, qui sert à porter et à faire courir le fil, la soie, la laine. "Faire courir la entre les fils de la trame. Les femmes se servent d'une espèce de petite d'or, de laque, d'écaille, pour faire des noeuds".
On dit figurément et familièrement, "Faire la , faire faire la ," pour dire, Faire beaucoup d'allées et venues, et en faire faire à d'autres.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Espèce de navet sauvage dont on donne la semence aux petits oiseaux, & dont on fait une huile à brûler. On donne aussi le nom de à la semence.
On confond souvent cette semence avec celle du "Colza." Voyez COLZA.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Certain petit vase de cuivre, d'argent, &c. fait en forme de petit navire, dans lequel on met l'encens qu'on brûle à l'Église dans les encensoirs.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Certain instrument de Tisserand, qui sert à porter & à faire courir le fil, la foie, la laine. "Faire courir la entre les fils de la trame. Les femmes se servent d'une espèce de petite d'or, de laque, d'écaille, &c. pour faire des noeuds."
On dit figurément & familièrement, "Faire la , faire faire la ," pour dire, Faire beaucoup d'allées & venues, & en faire faire d'autres.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou NAVèTE, s. f. [2e "è" moy. 3e "e" muet.] 1°. Espèce de navet sauvage; de la semence duquel on tire une huile à brûler. 'Huile de "navette". = On done aussi ce nom à la semence.
- 2°. Petit vâse d'argent, de cuivre, ou de fer-blanc, fait en forme de petit navire, où l'on met de l'encens, pour en garnir les encensoirs, quand il est nécessaire.
- 3°. Instrument de tisserand, avec lequel on fait courir le fil, la soie, la laine sur le métier. = C'est dans cette acception, qu' on dit (st. fig. famil.) "faire la ", faire beaucoup d'allées et de venûes; et "faire faire la ", en faire faire à d'aûtres.



1ère signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Plante qui porte certaine petite graine dont on nourrit quelques oiseaux, & dont on fait de l'huile. "Graine de ".
Il se prend le plus souvent pour la graine. "Semer de la . huile de . donner de la à des oiseaux".
aprés .



2ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Certain petit vase de cuivre, d'argent "&c". fait en forme de petit navire, dans lequel on met l'encens qu'on brusle à l'Eglise dans les encensoirs.
"Navette," signifie aussi, Certain instrument de Tisseran qui sert à porter, & à faire courir le fil. "Faire courir la ".




Emplacement dans le dictionnaire :

nauséeux
nautile
nautique
nautonier
navaga
naval
navarin
navet
navetier

navicelle
naviculaire
navigabilité
navigable
navigant
navigateur
navigation
naviguer
navire
navrant
navrer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...dans l' esca des latins, dans l' adescare des italiens, dans l'(...) des grecs modernes. L'amadou, c'est la nourriture et l'appât du feu. Il y a loin, semble-t-il, de l'idée de navire à celle de navette de tisserand ; on serait tenté de séparer les deux mots, si l'italien navicella, nacelle, et l'allemand schiff, bateau, ne couraient également sur l'eau et sur la trame des métiers. On a...


Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...je ruminerais pendant les autres ce que j'aurais acquis. Il y a certains métiers qui devraient être les métiers réservés des philosophes, comme labourer la terre, scier les pierres, pousser la navette du tisserand, et autres fonctions qui ne demandent absolument que le mouvement de la main. Toute complication, toute chose qui exigerait la moindre attention, serait un vol fait à sa pensée. Le...


Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...plus que ne ferait un métier manuel. On se rappelle les lollards du moyen âge, ces tisserands mystiques, qui, en travaillant, lollaient en cadence, et mêlaient le rythme du coeur au rythme de la navette. Les béguards de Flandre, les humiliati d'Italie, arrivèrent aussi à une grande exaltation mystique et poétique, sous la pression vive de cet archet mystérieux, qui fait vibrer si puissamment les â...


Citation n°4 de Edmond ABOUT (Le Nez d'un notaire)

...eût sans doute arrêté l'affaire par quelque coup d'autorité. Malheureusement, il cumulait les deux ambassades de France et d'Angleterre, et il était à Londres. Les témoins du bon Ayvaz firent la navette jusqu'à sept heures du matin entre la rue de Grenelle et la rue de Verneuil sans avancer notablement les choses. à sept heures, M L'Ambert perdit patience et dit à ses témoins : -ce turc...


Citation n°5 de Edgar QUINET (Ahasvérus)

...que sa pique soit tranchante, et haute et ferme, et sûre ! Que la pointe de son épée s'écrie dans le fourreau ! Que son sang engraisse jusqu'à l'essieu la roue de son chariot ! Dans la paix, que sa navette, sans se lasser, lui tisse son habit ! Et que son cheval, sans ruer, en Bourgogne comme en Bretagne, et à l'endroit où l'Ain fait et défait sa litière, et là où le Rhône mord son frein, traîne...


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